Approcher l’épilepsie à travers le langage des astéroïdes

J’ai récemment accompagné une personne en consultation. Sa demande n’était pas anodine. Elle ne concernait pas directement son propre corps, mais une peur bien précise : celle de se retrouver face à une crise d’épilepsie. La peur de ne pas savoir quoi faire. De mal réagir. D’être démunie, que ce soit face à un humain… ou même face à un animal.

Et immédiatement, quelque chose a résonné en moi. Non pas une simple compréhension, mais une mémoire corporelle. Ce n’est pas une peur au sens classique. C’est une sidération. Une tétanie. Elle a une origine précise.

J’avais 18 ans. Mon père, paralysé depuis plusieurs années suite à un AVC, se déplaçait en fauteuil roulant électrique. Un jour, dans une descente, il a chuté. Je l’ai retrouvé au sol, en sang, le corps coincé sous le poids de son fauteuil. Et à cet instant, quelque chose s’est figé en moi, j’étais présente, consciente, mais incapable d’agir.

Depuis, face à certaines situations de détresse physique, ce même mécanisme se réactive, comme si le corps se souvenait avant même que l’esprit ne comprenne. Comme si, face à la souffrance de l’autre, mon corps se retrouvait dans une impossibilité physique d’agir. Être là, voir, comprendre et pourtant ne pas pouvoir intervenir. Comme si le système se coupait, comme si l’élan d’aide ne trouvait plus de passage.


Quand le corps déborde de lui-même

Il existe des phénomènes que la médecine décrit avec rigueur, mais dont l’expérience dépasse le simple cadre du diagnostic.

L’épilepsie fait partie de ces territoires singuliers. Elle ne se limite pas à une pathologie, elle ouvre un espace où le corps, le système nerveux et la conscience entrent, par moments, dans une forme de discontinuité. Comme si quelque chose, à l’intérieur, ne pouvait plus circuler selon les voies habituelles.

D’un point de vue neurologique, l’épilepsie correspond à une activité électrique anormale et excessive du cerveau. Les neurones, au lieu de fonctionner dans une orchestration subtile, entrent dans une synchronisation brutale. Le signal ne circule plus… il sature. Et cette saturation produit la crise, une perte de continuité, un basculement.

Ce n’est donc ni une maladie psychique au sens strict, ni une réalité unique : il existe plusieurs formes d’épilepsies.

Les noms scientifiques et terminologies associées

Dans le langage médical et scientifique, plusieurs termes gravitent autour de l’épilepsie :

Crise épileptique : manifestation ponctuelle
Syndrome épileptique : forme spécifique avec caractéristiques définies
Trouble paroxystique cérébral : terme plus technique
Encéphalopathie épileptique : formes sévères impactant le développement
Épilepsie généralisée / focale : classification selon la zone du cerveau

Dans des registres plus anciens : “Mal sacré » (dans l’Antiquité, car perçu comme possession divine), “Haut mal”, (terme ancien pour les crises convulsives).

Ce que cela touche : le cerveau comme théâtre électrique

L’épilepsie touche directement : le cortex cérébral, les réseaux neuronaux, la communication électrique entre neurones

Ce qui est en jeu : une hyperexcitabilité neuronale, une désynchronisation ou hypersynchronisation, une perte temporaire du contrôle des circuits

Les différentes formes de crises

Toutes les épilepsies ne se ressemblent pas.
Crises généralisées – Perte de conscience – Convulsions

Crises focales
Localisées – Motrices, sensorielles ou psychiques

Crises d’absence
Brève déconnexion – Suspension du temps

D’où cela vient : les grandes origines

L’épilepsie n’a pas une seule cause. Elle émerge à la croisée de plusieurs axes :

Origines neurologiques
Origines génétiques
Origines métaboliques ou infectieuses
Origines inconnues

Ce qui se joue en profondeur

Si l’on quitte le strict plan médical, l’épilepsie met en scène : Une surcharge énergétique, une incapacité à réguler un flux, une rupture de continuité, un seuil franchi sans médiation

C’est un système qui, à un moment donné, ne peut plus contenir ce qui circule en lui.


Quand une expérience devient un axe de recherche

C’est à partir de cet endroit précis que la recherche a commencé.

Je suis retournée dans les fondations de ma pratique, les trois tomes du Langage de la Microastrologie d’Élie Astro.

Je n’ai pas cherché un symbole unique, j’ai cherché une structure, une cartographie capable de traduire ce phénomène dans toute sa complexité.

Et six astéroïdes se sont imposés.

Pour celles et ceux qui possèdent ces ouvrages, je vous invite à vous y replonger, à aller explorer par vous-même ces astéroïdes, à affiner votre lecture et à approfondir le travail déjà transmis.
Car c’est dans cette recherche personnelle que les symboles prennent toute leur dimension.

Et pour celles et ceux qui souhaitent découvrir ou se procurer ces ouvrages, ils sont disponibles ici :
https://universame.sumupstore.com/


Une cartographie en six axes

Ce ne sont pas des réponses… ce sont des portes de lecture.

(10184) Galvani : électricité, impulsion, réaction musculaire
(65) Cybèle : corps sauvage, perte de norme, contorsion
(1061) Paeonia : régulation, soin, mémoire médicinale
(18115) Rathbun : neurologie, accompagnement
(486170) Zolnowska : recherche, ajustement, persévérance
(3453) Dostoïevski : crise, dualité, seuil de conscience

Je les ai positionnés dans plusieurs thèmes de personnes confrontées à des crises d’épilepsie, comme si le phénomène venait s’inscrire dans une architecture déjà présente.


Lire la crise autrement

(10184) Galvani : l’éclair dans le corps, électricité, impulsion, décharge, spasmes, contractions, réactions involontaires, automatisme, saturation, perte de volonté, épilespsie

Le corps est traversé. Il ne décide plus. Il répond. Spasmes, contractions, réactions involontaires… comme si une impulsion brute traversait la matière sans passer par la conscience.


(65) Cybèle : le corps qui échappe, archaïque, contorsions, cris, transgression, sauvagerie, sacré, débordement, perte de norme, instinct, épilepsie

Dans les traditions anciennes, ces manifestations étaient perçues comme des irruptions du sacré. Cybèle incarne cette force archaïque. Le corps sort du cadre. Il ne se civilise plus. Ce que la médecine appelle crise, les anciens y voyaient une traversée.

Dans les traditions anciennes, ces manifestations étaient perçues comme des irruptions du sacré. Cybèle incarne cette force archaïque. Le corps sort du cadre. Il ne se civilise plus. Ce que la médecine appelle crise, les anciens y voyaient une traversée.


(1061) Paeonia : la mémoire du soin, plante médicinale, apaisement, rééquilibrage, tradition thérapeutique, épilepsie

Face à l’excès, l’humain cherche à réguler. Paeonia porte cette fréquence douce : apaiser, rééquilibrer, réparer Une tentative de retour à l’harmonie.


(18115) Rathbun : neurologie, observation, compréhension, accompagnement, humanisme, soin, prise en charge, relation, engagement, éthique, épilepsie

La crise devient observable. On ne subit plus seulement. On cherche à comprendre. À accompagner.


(486170) Zolnowska : neurologie, recherche, analyse, ajustement, persévérance, précision, étude, complexité, traitement, adaptation, épilespsie

La crise devient analysable. On affine, on ajuste, on cherche à contenir.


(3453) Dostoïevski : le seuil, bascule, lucidité, perte, intensité, dualité, vacillement, conscience, extrême, expérience

Il reste pourtant une dimension irréductible : l’expérience. Un point de bascule. Un seuil entre lucidité et perte. Un endroit où la conscience vacille.


Quand la crise de l’autre active notre propre point de rupture

Ce travail ne s’est pas arrêté à l’observation des cartes de personnes épileptiques. J’ai également posé ces six astéroïdes sur mon propre thème.

Et ce que cela révèle est sans ambiguïté.

(10184) Galvani en Bélier, en trigone exact à mon Mercure–Junon en Lion, indique une capacité à capter, comprendre et traduire la décharge. Il existe une lecture possible. Une circulation de l’information. Mais cette circulation reste conditionnée à un certain état — elle ne s’active pas toujours dans l’instant de la crise.

(18115) Rathbun et (3453) Dostoïevski posés sur mon Soleil indiquent une implication directe. Je ne peux pas rester extérieure à ces états. Ils me traversent, me concernent, m’impliquent au centre.

(65) Cybèle carré à ma Vénus met en tension le lien et l’imprévisible. La relation et la perte de cadre. Ce n’est pas seulement la crise qui déstabilise, mais la rupture du lien qu’elle provoque.

(1061) Paeonia sur mon Fond du Ciel révèle une mémoire du soin… quelque chose de profondément inscrit, d’ancien, d’intuitif. Mais qui ne se mobilise pas nécessairement dans l’instant.

(486170) Zolnowska, entre ajustement et tension, montre une difficulté à organiser une réponse immédiate face à la surcharge. Le mental ne prend pas le relais. Il y a saturation.


Ce que cela révèle

Cette tétanie que je ressens face à la crise de l’autre n’est pas une faiblesse, c’est une réponse. Une saturation du système. Une coupure pour éviter un débordement plus grand encore.

Là où tout se joue

L’épilepsie révèle une tension fondamentale : entre structure et débordement, entre contrôle et lâcher involontaire et entre continuité et rupture.

Une autre manière de regarder

Peut-être que l’épilepsie n’est pas seulement une anomalie. Peut-être est-elle aussi : un langage du corps face à une surcharge invisible Un signal, un seuil, une interruption.


Ouverture Astr’AME

Ce travail ne donne pas une réponse figée, il ouvre une lecture. Car ce qui se manifeste dans le corps s’inscrit toujours dans une architecture plus vaste.

Cette lecture ne demande qu’à être enrichie.

Si vous avez été en contact avec ces états, si vous avez ressenti cette rupture, cette sidération, cette impossibilité d’agir,

je vous invite à partager votre expérience.

Car c’est dans la mise en commun des vécus que la trame devient plus lisible.

Muriel Kennel Astr’AME®