Prologue — Le ciel comme miroir
Dans le grand théâtre du ciel, il existe des corps célestes discrets, porteurs de noms que l’humanité leur a confiés comme on dépose des miroirs dans l’espace.
L’astéroïde (24334) Conard trace sa trajectoire avec rigueur, obéissant aux lois impeccables de la mécanique céleste. Il ne juge pas. Il ne commente pas. Il avance.
Mais sur Terre, certains empruntent son nom comme on endosse un costume trop grand pour soi. Ils passent sous les articles sans les lire, effleurent les mots sans en comprendre la structure, commentent sans traverser la pensée, et confondent opinion et orbite.
Ils croisent parfois (4867) Politès sans jamais le voir, astéroïde de la courtoisie, de la justesse relationnelle, de l’élégance de l’esprit et de la noblesse du dialogue.
La fable — L’arbre des certitudes
Sur son arbre perché vivait un « Conard » humain,
Petit esprit en boucle, regard court et ancien.
Il tournait en rond dans son système clos,
Croyant que l’univers s’arrêtait à ses mots.
Ancien lecteur des astres, mais lecteur sans regard,
Il confondait encore horizon et hangar.
Sa lunette était courte, son esprit encore plus,
Et sa pensée, fossile, refusait l’inconnu.
Passait l’Alchimiste, cartographe du vivant,
Qui lisait dans le ciel les codes du présent,
Traçant des constellations comme on ouvre des voies,
Et reliant les étoiles aux lignées et aux choix.
Le perché alléché par sa lumière,
Lui tint alors ce langage
Il parlait avec l’assurance de ceux qui savent,
Parce qu’ils ont appris, un jour, à ne plus voir.
Il croyait que son passé faisait loi dans le ciel,
Et que toute lecture neuve devait plier sous son modèle.
Pour lui, ce qu’il connaissait valait vérité,
Et ce qui sortait du cadre méritait d’être nié.
Mais l’Alchimiste sourit, poursuivit sa trajectoire,
Car on ne débat pas avec ceux qui vivent dans l’histoire
Comme dans une prison qu’ils appellent tradition,
Et prennent leur limite pour une révélation.
Conard resta perché, gardien de ses frontières,
Aboyant sur le monde qui changeait de matière.
Pendant que d’autres traçaient des routes stellaires,
Il comptait ses certitudes comme on compte des pierres.
Moralité — La cartographie des consciences
Le frustré défend son territoire.
Le chercheur explore des continents.
L’un garde des certitudes mortes.
L’autre bâtit des cartographies vivantes.
Et celui qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez
Prend toujours l’horizon pour une illusion.
Dans toute avancée, il y a ceux qui ouvrent des voies,
et ceux qui aboient depuis les fossés du passé.
Les premiers construisent le futur.
Les seconds commentent sous les articles.
Mot de la fin
Le ciel n’appartient à personne.
Il ne reconnaît ni écoles, ni dogmes, ni frontières.
Il se laisse lire par ceux qui savent encore regarder.
La connaissance qui refuse d’évoluer devient une relique.
La pensée qui s’ouvre devient une voie.
Je ne juge rien.
Je ne combats aucune école.
Je ne défends aucun territoire.
Je partage ce qui me fait vibrer.
Je transmets ce que j’explore.
Je cartographie ce que je traverse.
Mon travail est né de la passion, de l’expérience, de la recherche vivante, et d’un amour profond pour le langage du ciel.
Mais il existe une frontière claire entre le dialogue et le parasitage.
Entre la pensée critique et la pensée toxique.
Entre la curiosité et la volonté de rabaisser.
Ici, on élève.
On ne tire pas vers le bas.
Je respecte toutes les méthodes.
Mais je ne tolère pas les postures qui ferment, qui figent, qui méprisent, et qui confondent transmission et domination.
Le ciel est un espace sacré.
Il mérite mieux que des réflexes d’ego.
Je continuerai donc à partager avec amour, avec passion, avec exigence, et avec liberté.
Et je laisserai à chacun la responsabilité de choisir s’il veut explorer les étoiles ou rester accroché à ses certitudes.
Le ciel, lui, continue d’avancer.
Muriel Kennel Microastrologue Astr’AME
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