Elle s’est cassé le nez… Et pourtant, je la trouve toujours aussi belle.
Cette statue m’a été offerte pour mes 50 ans.
À cette période, elle représentait quelque chose de très particulier pour moi : le début d’une réconciliation avec la femme. Avec ma féminité. Avec une part de moi que j’étais peut-être enfin prête à regarder autrement.
J’avais eu un véritable coup de foudre pour elle.
Quelques mois plus tard, la vie allait prendre une tout autre direction. Une trahison. Une séparation. Une histoire qui se termine.
Et elle, elle est restée.
Puis, il y a quelques mois, elle est tombée, en plein sur le nez. Son nez s’est cassé.
J’aurais pu chercher à la réparer parfaitement, à effacer la trace, à faire comme si rien ne s’était passé.
Mais aujourd’hui, en préparant mon déménagement, je la regarde et je me dis qu’elle est peut-être encore plus symbolique ainsi.
Parce que moi aussi, dans ma vie, je me suis cassé le nez.
Plus d’une fois. Je me suis pris des murs. Des portes se sont fermées. J’ai cru à certaines histoires qui n’étaient pas les miennes. J’ai emprunté des chemins qui m’ont conduite dans des impasses.
Je suis tombée.

Et pourtant… Je suis toujours là.
Elle aussi.
Son nez cassé n’enlève rien à sa beauté. Il raconte simplement qu’elle a une histoire. Et peut-être qu’il en est de même pour nous.
Nos cicatrices ne nous rendent pas moins belles. Nos erreurs ne nous rendent pas moins précieuses. Nos chutes n’effacent pas ce que nous sommes.
Elles deviennent parfois les marques visibles de tout ce que nous avons traversé.
Alors elle partira avec moi.
Pas comme le souvenir de celui qui me l’a offerte. Mais comme le symbole de la femme que je suis devenue depuis.
Une femme qui s’est parfois cassé le nez… mais qui est toujours debout. Et qui, aujourd’hui, prend avec elle ce qui mérite de poursuivre le voyage.
Et puis, évidemment, je suis allée regarder le ciel. Parce que certaines histoires ont cette étrange façon de trouver leur écho là-haut.
J’ai cherché dans Le Langage de la Microastrologie autour de ces mots : cycle… renaissance…
Et là… je tombe nez à nez avec (101955) Bénou (Bennu) : Cycle, renouvellement, renaissance.
Et je me rappelle avoir déjà écrit un article à son sujet :
(101955) Bennu et (4363) Sergej – Therapy AME
Et lorsque je regarde où il se trouve aujourd’hui…
(101955) Bénou est actuellement à 26°54 de la Vierge, en transit sur mon Pluton natal.
Bénou est l’oiseau sacré de la mythologie égyptienne associé au cycle, au renouvellement et à la renaissance. Il est considéré comme l’une des origines du mythe grec du Phénix.
Lorsque j’avais travaillé cet astéroïde, j’avais posé ces mots :
« Source de vie, Genèse, miracle, âme, “Dieu”, renouveau, renaître, nouveau départ. »
Difficile de ne pas sourire devant la synchronicité.
Bénou sur mon Pluton.
La renaissance rencontre symboliquement la planète des grandes transformations, de ces passages qui nous demandent de laisser mourir une ancienne forme pour qu’une autre puisse émerger.
Et aujourd’hui, je regarde cette femme au nez cassé différemment.
Elle ne me parle plus de ce que j’ai perdu. Elle me parle de ce qui a survécu. De ce qui s’est transformé. De ce qui renaît.
Elle partira donc avec moi. Avec son nez cassé. Parce que finalement, renaître ne signifie peut-être pas redevenir celle que nous étions avant.
Renaître, c’est continuer à être belle avec les traces du voyage.
Et quelque part, je crois que c’est exactement cela, Bénou.
ON NE RENAÎT PAS INTACTE. ON RENAÎT AUTREMENT.
Muriel Kennel Astr’AME
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